Pierre Paquin

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Pierre Paquin

J’avais 8 ans lorsque j’ai acquis ma première œuvre, que je possède encore. Il s’agit d’une peinture réalisée par la mère de ma meilleure amie de l’époque.

Je me suis toujours intéressé aux arts, mais je ne me considère pas comme un « collectionneur ». Je trouve ce terme trop imposant. Je préfère conserver un aspect un peu dilettante dans mon approche, évitant d’adopter des tendances ou des lignes directrices.

J’achète par coup de cœur, tout en essayant de tempérer ces coups de cœur par une certaine réflexion autour de l’achat. S’agit-il d’un artiste reconnu ? Dans quel contexte telle ou telle œuvre se place-t-elle ? Ultimement, la question qui guide mes choix est : « Vais-je avoir le gout de voir cette œuvre tous les jours ? » Je refuse qu’une œuvre devienne de la décoration. Celles qui se retrouvent dans mon espace de vie sont toutes des œuvres que j’aime. Si elles pouvaient parler, elles vous diraient qu’aucune d’entre elles ne se sent délaissée.

Quand je fais l’acquisition d’une œuvre, je mets beaucoup de temps pour déterminer l’accrochage. Je les essaie ici et là, j’en enlève une, la déplace, ne sais plus où l’installer, et ça se poursuit comme ça pendant plusieurs jours. C’est un incroyable jeu de dominos. Je pense que les œuvres doivent être mises en valeur et qu’il y a plusieurs façons de le faire. Mais les œuvres doivent se parler entre elles. Elles doivent être belles en soi, et aussi avec les autres.

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Lorsque je feuillète le catalogue de l’encan, je repère des œuvres qui me semblent intéressantes à première vue et je fais quelques recherches sur les artistes. Mais ce n’est que lorsque je me retrouve à l’évènement, devant les œuvres accrochées, que je prends une décision. On découvre des couleurs, on découvre des dimensions aussi.

Je connaissais déjà les artistes Yann Pocreau et Daniel Barrow desquels j’ai acquis des œuvres à l’encan Vendu–Sold. J’avais découvert le travail de Daniel Barrow quelques années plus tôt, lors d’une performance présentée au Musée d’art contemporain de Montréal. J’avais adoré. Quand j’ai vu cette œuvre dans le catalogue de l’encan, j’ai été séduit. J’étais convaincu et acharné. C’était sûr et certain que j’allais l’acheter.

Je trouve que Vendu–Sold est un bel encan, avec de belles œuvres, choisies de façon intelligente et avec une forme de continuité. Il y a aussi une grande reconnaissance du travail des artistes et des galeristes dans la façon dont l’évènement est organisé. Et le fait qu’on y retrouve aussi des artistes de la relève contribue à leur renommée. Je trouve que c’est quelque chose qu’il est important de reconnaitre. Finalement, il y a une belle mission derrière cette campagne de financement.

Image :
Josef Albers
White Line Square (Series 16) - WLS XVI
1966 (en haut à gauche)

Karilee Fuglem
Water Drawing #25
2002 (en bas à gauche)

Yann Pocreau
Lumières 2
2015 (à droite)
Vendu–Sold 2017