Remains est une œuvre inspirée des tendres souvenirs que je conserve de la cueillette de la berce de Perse avec ma grand-mère. Au cours de ma résidence à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement, j’ai trouvé les restes d’une berce de Perse coupée, dont les fleurs avaient été retirées. Afin de préserver son souvenir, j’ai moulé la plante dans du plâtre. La grandeur de la plante m’a forcée à la mouler en plusieurs sections, à partir desquelles je l’ai reproduite, en relief, sur une série de formes semblables à des carreaux de faïence. La finesse de détail obtenue dans les reliefs en plâtre semble ramener la plante à la vie. Le relief en plâtre est une technique utilisée jadis pour raconter une histoire, le plus souvent un évènement historique ou une légende. Mes reliefs racontent aussi une histoire, mais c’en est une qui contient beaucoup de lacunes. Disposés de manière à faire sentir la présence de la plante entière, les espaces que je laisse entre les sections évoquent l’impossibilité de réconcilier les fragments de la perte associée à l’expérience migratoire. Mais la force et la résilience s’accroissent aussi du savoir acquis au long d’une vie vécue « dans l’entre deux ». Malgré un terrain et un climat peu familiers et les tentatives d’annihilation, cette œuvre délicate est la preuve que la berce de Perse a survécu.

Notice biographique

Anahita Norouzi is a multidisciplinary artist, born in Tehran and living in Montréal since 2018. Her research-driven practice is instigated by marginalized histories and the legacies of botanical explorations and archaeological excavations, particularly when scientific research became entangled in the colonial exploitation of non-Western geographies. Her work interrogates different cultural and political perspectives on the human and non-human “other,” underlining the complex space and conflicted state of displaced people, plants, and cultural artefacts, and the responsibilities of the host country.